Faire passer sa campagne à la vitesse 2.0


Peut-on créer, acheter ou prévoir le viral?

L’agence de pub montréalaise Bos, responsable entre autres du nombre effarant de campagnes publicitaires marquantes (que ce soit celle de Jean Coutu, de la Sloche au cheddar ou celle des usagers de Fido qui ressemblent à leur chien), nous explique la clé du succès d’une campagne virale. Vous allez voir, ce n’est pas si compliqué.

Ok, je vous l’accorde, ce n’est peut-être pas la réponse miraculeuse à laquelle nous nous attendions… ou peut-être que oui.« comment créer une vidéo virale »

Tant d’entreprises et d’individus tentent tant bien que mal de voir leurs campagnes de pub prendre des proportions virales. Effectivement, être au goût du jour chez les internautes n’est pas chose facile, alors pourquoi ne pas créer une courte vidéo prétendant pouvoir cerner le concept du viral, de le mettre en boîte et de l’utiliser à toutes les sauces. En faisant un tour rapide chez Google analytics, on peut constater à quel point les recherches pour les termes « comment créer une vidéo virale » ou « how to go viral » sont plus populaires que jamais. Sachant cela, Bos a eu la bonne idée de diffuser sa « formule magique » qui garantirait un succès instantané sur le grand Internet 2.0.

C’est réussi? Ils auraient pu pousser un peu plus loin, comme Buzzfeed qui nous avait proposé un graphique détaillé sur l’anatomie du viral. Cependant, dans un contexte québécois où l’Internet 2.0 est encore loin de faire partie de la culture populaire (sauf peut-être dans les grands centres), ce simple résumé d’un tel phénomène est amplement suffisant.

Le visionnement de cette vidéo ce matin m’amène à faire un parallèle sur le phénomène des mèmes sur Internet. Aussi difficiles à cibler qu’à définir, les mèmes sont devenus le moyen d’expression instantané préféré des internautes issus d’une culture nouvelle que l’on pourrait appeler la « culture du remix ».

Laurent K. Blais, du magazine Urbania définit très bien le phénomène :

Un mème, c’est le nom donné aux idées ou aux concepts humoristiques véhiculés sur Internet, que ce soit par l’entremise de Facebook, Twitter, des forums, des blogues, etc. Il peut s’agir d’une vidéo mise en ligne par un utilisateur de YouTube, d’un hashtag, d’une image cocasse, ou mieux encore, d’un avis de recherche de Ruth Ellen Brosseau. C’est simple, les internautes s’approprient le contenu, le modifient, puis le propagent sur le web. Ce running gag évolue donc à très grande vitesse, repris et alimenté à grande échelle par la communauté du web.

Côté marketing, c’est une chance en or qui se présente aux boîtes de pub. Alors voilà pourquoi ils tentent, par tous les moyens possibles d’engendrer le viral. Le mème et Internet 2.0 peut-il cependant s’avérer lucratif? Parlez-en à Ben Huh, grand manitou de l’empire icanhascheezburger.com. Ce success story du 2.0 demeure le meilleur exemple de capitalisation sur la culture du remix.

Ben Huh a racheté I Can Has Cheezburger en 2007 à deux internautes, qui s’amusaient alors à publier des photos de chats mignons. Devenu entrepreneur du Web après des études de journalisme, il règne aujourd’hui à la tête du Cheezburger Network, un empire d’une cinquantaine de sites au succès incontestable (16 millions de visiteurs uniques et 340 millions de pages vues par mois) et générant, selon le New York Times, des bénéfices à sept chiffres.

Le viral et les mèmes, se produisent, ou ils ne se produisent pas, tout simplement.

Il est cependant important de saisir à quel point il est essentiel de laisser les internautes commenter, partager, voire même de reproduire et parodier les campagnes de publicité mises en ligne. Dans un monde où ce qui est « in » avance à la vitesse 2.0 il faut savoir interpeller les internautes et surtout, demeurer actuel et pertinent.

 

[Image via Cross-Roads]

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