Avons-nous perdu le goût de cuisiner?


« Un gourmet?… c’est un glouton qui se domine », disait le comédien français Francis Blanche. J’aime bien cette citation car elle place tous les êtres humains à la même échelle. Nous connaissons tous la sensation d’avoir faim, même si on n’a pas tous le même budget pour le restaurant ou l’épicerie. Je me questionne ici sur le marketing qui entoure les foodies versus le déficit des compétences culinaires de base observé chez les jeunes.

Depuis quelque temps, je remarque la popularité d’un certain groupe d’épicuriens sur les médias sociaux et dans la rubrique gastronomique des journaux : les foodies. Ces derniers sont passionnés par la nourriture et les boissons. Le terme a été popularisé par les journalistes Paul Levy et Ann Barr lors de la parution de The Official Foodie Handbook en 1984. Les foodies s’intéressent notamment à la dégustation du vin, aux restaurants, aux phénomènes de mode en cuisine, aux cours de cuisine, au tourisme culinaire et, de manière plus générale, à la nutrition et à la santé.

Pas que je sois totalement contre le mouvement des foodies. Comme tout le monde, j’aime m’asseoir dans un beau restaurant et déguster des plats raffinés (comment dire non à une assiette d’huîtres fraiches, mon péché mignon!). À San Francisco, par exemple, le tourisme culinaire est devenu une portion importante du marché du voyage.

Sauf qu’il faut reconnaître une chose, tout le monde aime la bonne nourriture mais de plus en plus rares sont ceux qui possèdent les compétences de base en cuisine. Mon opinion pourrait se résumer par ce proverbe de Confucius : « Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson ». Quand je vois écrit dans la vitrine des restaurants d’Ottawa Don’t cook, just eat, je me pose des questions sur notre capacité à préparer des repas.

Être capable de cuisiner est selon moi une compétence qu’il faut apprendre assez tôt dans la vie afin d’être autonome. Puisque certains adultes ne maîtrisent pas des techniques culinaires simples comme faire une omelette, une sauce béchamel ou une sauce spaghetti, ils ne sont pas en mesure d’enseigner ces techniques culinaires à leurs enfants. De plus, les cours de cuisine (les fameux « cours d’économie familiale ») ont disparu des écoles secondaires québécoises en 1997 avec la réforme. C’est donc tout un savoir-faire culinaire qui ne s’est pas transmis. Au lieu de mettre l’accent sur le « prêt-à-manger »  et tout le marketing glamour qui entoure le mouvement des foodies, je suis d’avis que nous devrions nous mettre les mains dans la farine et réapprenions le goût de cuisiner!

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