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Fusionné à votre cellulaire?

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Ça y est. Mon fils de 14 ans a enfin eu son premier téléphone cellulaire. « C’est plus comme dans ton temps, maman! Tout le monde en a un à l’école! » me répétait-il sans cesse depuis des mois. Si vous êtes parent d’un adolescent, vous vous êtes probablement retrouvé dans la même situation il n’y a pas si longtemps.

En regardant les chiffres publiés en 2013 par le Berkman Center for Internet and Society de l’Université Harvard, je réalise que mon fils disait vrai (« tout le monde en a un! ») : 78 % des jeunes âgés entre 12 et 17 ans ont un cellulaire. Détail intéressant : près de 25 % d’entre eux vont en ligne à partir de leur téléphone plutôt que d’un ordinateur portable ou fixe. Qu’est-ce que ça veut dire sur le plan marketing? Que l’avenir est mobile : les gens de tous âges ont accès à Internet via un appareil mobile mais les adolescents sont plus mobiles que les adultes.

Pour revenir à mon histoire, j’ai finalement répondu à mon fils : « Bon, OK, admettons que tu aies un cellulaire… ». Nous avons alors discuté du budget, des risques liés à l’intimidation, etc. J’ai réalisé que nous gardions une ligne téléphonique à la maison essentiellement pour lui. Résultat : on annule la ligne résidentielle de l’ancien temps ─ référence à la belle époque du téléphone Bell sur le mur de la cuisine! ─ dorénavant, chaque membre de la famille aura son cellulaire. Ça semble évident quand j’en parle maintenant, mais la vérité, c’est que je reste encore critique face à la révolution mobile, spécialement chez les jeunes qui voient leur téléphone comme un prolongement d’eux-mêmes. Je vous explique pourquoi :

Avec un cellulaire, nous pouvons nous exprimer en tout temps. Comme l’expliquait Gilles Lipovetsky dans l’Ère du vide, l’individu est de plus en plus centré sur lui-même et aime bien s’exhiber. Il vous est peut-être arrivé d’être dérangé dans l’autobus par un passager qui parle très fort au téléphone. Comme on chérit le silence dans ces moments-là! De plus, en nous permettant d’être branchés à Internet en tout lieu et en tout temps, les téléphones intelligents nous donnent l’occasion d’exhiber toutes les facettes de nos vies sur les réseaux sociaux. Le bon côté, c’est que nous nous sentons appartenir à un groupe et avons le sentiment d’échanger avec le reste de la planète. Le mauvais : nous nous frottons aux égos de tous et chacun et sommes bombardés d’informations superflues. Les murs de Facebook sont, avouons-le, chargés de nos égos. Nous considérons normal (et intéressant pour nos proches) de publier des statuts Facebook sur nos humeurs, notre horaire surchargé (nous aimons bien faire pitié), notre nouvelle coupe de cheveux et même sur l’assiette que nous venons de commander au resto.

Avec un cellulaire, nous sommes joignables en tout temps. Nous ne voulons plus nous séparer de nos petites machines à parler : au travail, en voyage, dans le bus, en camping… Pour certains, allumer l’appareil pour prendre les messages est la première chose à faire en se levant le matin. D’autres se sentent insultés s’ils envoient un texto à quelqu’un et que celui-ci prend plusieurs heures, voire plusieurs jours, à répondre. Comme nous prenons pour acquis que tout le monde a un cellulaire, nous ne pouvons empêcher la paranoïa de pénétrer notre esprit… et nous nous demandons : Pourquoi ne répond-t-il pas à mon message? Est-il fâché? Par ailleurs, le fait d’être joignable en tout temps peut contribuer à un plus haut niveau de stress au travail, puisqu’il n’existe plus de frontières entre nos vies personelle et professionnelle.

Avec un cellulaire, nous pouvons nous divertir en tout temps. Plus jamais nous aurons à souffrir de l’ennui dans la salle d’attente du dentiste ou à l’aéroport! Avec notre petite machine, nous pouvons jouer à toutes sortes de jeux : Poker, Scrabble, Angry Birds (personnellement, je me suis arrêtée à Tetris… Ça vous montre à quel point je suis rétro!). Avec cette panoplie de jeux disponibles sur les appareils cellulaires, pouvez-vous imaginez le quotidien des enseignants dans les salles de classe? Il faut être un méchant bon prof pour réussir à intéresser un élève qui cache son téléphone dans l’ombre de son étui à crayons en voulant absolument battre son record. Outre la salle de classe comme lieu de divertissement, il y a aussi les gens (et pas seulement la jeune génération!) qui traversent la rue avec les yeux fixés sur leur téléphone. Souvent, ils ne réalisent pas qu’ils ont failli se faire frapper par une voiture!

Bon, allez, j’ai assez parlé des mauvaises habitudes développées par le cellulaire. Du côté des avantages, j’apprécie beaucoup pouvoir envoyer des textos-clins d’œil à mon amoureux ou savoir que mon fils a attrapé son autobus tard le soir. Je me sens rassurée de savoir que je peux communiquer avec mes amis quand je les cherche dans une foule (ou dans un grand magasin achalandé!) et je panique beaucoup moins si ma voiture tombe en panne sur l’autoroute en plein hiver. En plus, je n’ai plus à payer de frais de rebranchement chaque fois que je déménage. Sous cet angle, le téléphone cellulaire nous rend la vie beaucoup plus facile! Le conseil que j’ai donné à mon fils : ne pas vivre fusionné à son téléphone, sinon on risque de passer à côté de la vraie vie!

 

Images via

www.lapresse.ca/le-nouvelliste/actualites/201109/23/01-4450919-entre-leducation-et-la-repression.php

www.exchangemyphone.com/blog/textnology-new-york-public-schools/